05/07/2012

La Part des anges

la part des anges,ken loach,paul laverty,paul brannigan,john henshawOn n’attendait pas moins de Ken Loach qu’il livre un film politique, même sous couvert de comédie. De fait, la « part des anges », cette infime proportion de whisky qui s’évapore dans l’air, c’est un peu la taxe Tobeen : un prélèvement tellement minimal qu’il en devient indolore, sinon pour ceux, les plus nécessiteux, qui en reçoivent les dividendes bienvenus. Bref, il y a ceux pour qui l’argent est superflu et ceux pour qui il devient vital. Une à peine plus juste répartition ne ferait pas de mal aux uns et beaucoup de bien aux autres.

La preuve par l’exemple, en quelque sorte, avec ces quatre lascars de Glasgow, délinquants réunis sur un chantier d’intérêt général qui décident, pour se sortir de leur pétrin respectif, de subtiliser quelques centilitres d’un Pur Malt qui se monnaye au-delà de toute valeur raisonnable lors de l’enchère du siècle. Robbie (Paul Brannigan) est la figure centrale de ce petit groupe de pieds nickelés. Ne pas se fier à son petit gabarit et son allure chétive. C’est un bagarreur de première, capable d’une cruauté redoutable sous l’emprise de la drogue. Alors qu’il devient père d’un petit Luke, il tente de se racheter une conduite, ce à quoi le contexte, le milieu, les préjugés et les déterminismes s’opposent.

la part des anges,ken loach,paul laverty,paul brannigan,john henshawSeul secours : son chef de chantier Harry (John Henshaw), qui le prend sous son épaule et lui faire découvrir des talents jusqu’ici inexplorés. Seule issue pour changer de vie quand les vents sont contraires : transgresser une dernière fois les règles.

Il ne faut pas demander à Ken Loach de réaliser un film moral, en revanche on peut compter sur lui pour parier sur l’humain. Robbie sera donc un justicier au grand cœur, qui vole aux riches pour redistribuer aux pauvres. Telle est la fable, saupoudrée de sourires mais aussi, et ce n’est pas la moindre des qualités de La Part des Anges, de scènes insoutenables de violence… ou de trivialité. Mais après tout, telle est la nature humaine, riche de grandeur et de médiocrité, ainsi convient-il de l’accepter, et ainsi Ken Loach la filme-t-il avec son aisance habituelle, fort d’un scénario (de nouveau signé Paul Laverty) d’une efficacité à toute épreuve.

Écrire un commentaire