15/07/2012
They Call Me Mr Tibbs
Trois après Dans la chaleur de la nuit, Sidney Poitier reprend du service dans le rôle de Mr Tibbs dans They Call Me Mr Tibbs (1970). Policier noir plongé dans le sud blanc et raciste chez Norman Jewinson, le voici aux manettes d'une nouvelle enquête, en apparence plus classique, où Martin Landau est un pasteur politiquement engagé qui se voit soupçonné du meurtre d'une call girl. San Francisco remplace le Mississipi, et si le metteur en scène Gordon Douglas semble à la peine, l'arrière-boutique sociale (revendications civiques, émeutes, trafics de drogue et de filles) donne au film une certaine épaisseur.
Mais tout l'intéret de They Call Mr Mister Tibbs repose une nouvelle fois sur les épaules de Sidney Poitier. L'acteur à l'allure féline, au regard droit, à la mâchoire expressive, bref d'une beauté renversante, traverse le film comme on danse. Son jeu est un mélange de maîtrise naturelle et d'infimes fulgurances qui trahissent ses émotions : quelques larmes, un mouvement de menton suffisent, au moment le moins attendu, à traduire le trouble. Tibbs est en effet confronté à un sacré dilemme : le pasteur Logan Sharpe, sur lequel il enquête, est aussi son meilleur ami. Cas de conscience, donc, et un rôle en or pour Sidney Poitier, cet immense interprète (premier acteur noir à remporter l'Oscar pour Lys des champs en 1964, un an après avoir participé à la marche pour les droits civiques à Washington) qu'une certaine Amérique adora haïr ou détesta aimer.
09:03 Publié dans Nuits blanches | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
| Tags : they call me mr tibbs, sidney poitier, martin landau, gordon douglas, norman jewinson, quincy jones |
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