31/07/2012

The Dark Night Rises

batman,christopher nolan,christian bale,michael caine,tom hardy,gary oldman,anne hathaway,marion cotillard,joseph gordon-levitt,nicolas winding refn,bronson,al pacino,memento,hillary swanckBeaucoup de bruit pour rien, et ce n’est même pas du Shakespeare. La tragique noirceur du précédent épisode des aventures du héros créé par Bob Kane et Bill Finger, The Dark Night (de Christopher Nolan déjà), a disparu dans cet opus que le marketing habile (?) annonce pour l’ultime du genre (mais voyez ce que les génies du show business must go on ont récemment fait subir à Spiderman). Ce Batman-là est usé et abusé, à l’image du super héros lui-même, retiré des affaires et que tout le monde, sans que l’on sache vraiment pourquoi, sinon pour remplir un peu plus les tiroirs caisse de la Warner Bros, tente de convaincre au come back de trop.

Non seulement Bruce Wayne (Christian Bale), alias qui l’on sait, n’a pas envie de reprendre du service, mais il tire la gueule, est estropié, et finit dans les caves voutées d’un puits sans fond dont nul, dit la légende, nul sinon un enfant, n’a jamais su ressortir… Coups et blessures lui sont infligés sans ménagement par un gorille humain sanglé de cuir et affublé d’un masque à oxygène qui sert de vecteur à des opiacés anti-douleur. Sado-masochisme. Fétichisme. L’acte manqué parfait.

batman,christopher nolan,christian bale,michael caine,tom hardy,gary oldman,anne hathaway,marion cotillard,joseph gordon-levitt,nicolas winding refn,bronson,al pacino,memento,hillary swanckSi Christian Bale a, au propre comme au figuré, cent ans, l’équipe du film ne s’en sort guère mieux. Certes, le quota d’effets spéciaux est atteint, qui transforme Gotham en cité de la décadence pompéienne et des hordes de figurants en rebelles outrancièrement remontés contre le pouvoir central par le charismatique Spartacus/Bena (Tom Hardy). Au diapason de ses héros fatigués, le scénario se traîne comme un long jour sans pain (2 h 40…), enchaînant les séquences à la va-comme-je-te-pousse, sans conviction autre que celle de remplir la grille de présence (le fidèle serviteur, les bons flics, les méchants méchants et les centristes humanistes qui se tâtent) et le canevas narratif (début, milieu, fin), ainsi que le lot de dialogues aigrefins, de séquences métaphysiques, de courses poursuites, de combats abracadabrantesques et de coups de théâtre qui n’en sont pas.

batman,christopher nolan,christian bale,michael caine,tom hardy,gary oldman,anne hathaway,marion cotillard,joseph gordon-levitt,nicolas winding refn,bronson,al pacino,memento,hillary swanckMalgré tout le bien, immense, que l’on pense de Michael Caine, il faut bien reconnaître que le comédien patrimonial, toujours aussi impeccable, accuse le poids des ans. De fait, dégoûté, il tire sa révérence au bout d’une heure de bons et loyaux services. Gary Oldman n’a signé cette nouvelle version qu’à une condition, passer l’essentiel de l’action au lit, et a obtenu gain de cause. Il était dans le contrat de Marion Cotillard que son rythme cardiaque ne devait pas dépasser les 60 pulsations par minute (Christian Bale n’a pu descendre en-dessous de 80) et a obtenu gain de cause. Du coup, sa mort (dans le film), qui ressemble à un petit orgasme mal contrôlé, fait rire les salles de par le monde. Quant à la relève : Anne Hathaway, en Catwoman hitchockienne, quoique brune (mais lesbienne), n’a pas de cesse de vouloir tirer sa révérence. Seul Joseph Gordon-Levitt, enfant de la balle que l’on a repéré dans Mysterious Skin, s’accroche coûte que coûte : une persévérance qui devrait être récompensée, Robin semblant promis à un bel avenir.

batman,christopher nolan,christian bale,michael caine,tom hardy,gary oldman,anne hathaway,marion cotillard,joseph gordon-levitt,nicolas winding refn,bronson,al pacino,memento,hillary swanckLe seul exploit de ce Batman de fin de série avant liquidation est à mettre au crédit de Tom Hardy. L’acteur, qui s’était aguerri en interprétant la tornade Bronson pour Nicolas Winding Refn, s’impose comme un grand méchant, tout en poigne, en gestuelle et en rhétorique, prouvant, contre toute attente, qu’il reste encore un acteur derrière le masque.

Reste le cas Christopher Nolan, affublé d'une réputation flatteuse dont on ne sait d'où elle tire son origine ni son fondement. Si Memento fut prometteur, jamais il ne ne confirma vraiment, même par Insomnia dont on préfèrera toujours l'original norvégien (malgré la présence d'Hillary Swanck et d'Al Pacino au générique). Quant à Inception : fausse valeur.

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Shining du jour…

Shining, stanley kubrick

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30/07/2012

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29/07/2012

Le Tueur de Boston

the strangler,burt topper,victor buono,richard fleischer,tony curtis,l'étrangleur de boston,qui a tué baby jane,albert de salvoLe tueur en série Albert de Salvo, arrêté en 1964, a au moins inspiré deux films, le plus connu étant le remarquable Étrangleur de Boston (1968) de Richard Fleischer, avec un étonnant Tony Curtis dans le rôle titre. Le Tueur de Boston, du méconnu Burt Topper, est tourné quatre ans plus tôt, alors même que le criminel (qui se verra accusé de treize meurtres et de centaines de viols) est toujours en activité. Dans le bonus du dvd édité par Artus, Stéphane Bourgoin, le spécialiste des serial killers, précise que si l’original et la copie diffèrent, les profils psychologiques restent proches.

Victor Buono (nommé pour l’Oscar du second rôle grâce à son interprétation dans Qui a tué Baby Jane ?) campe un Leo Krall aux apparences placides, qui vit sous le coupe d’une mère qu’il hait, investissant sa frustration dans les crimes qu’il commet de jeunes femmes. Sûr de lui, malgré le dégoût qu’il inspire, il collectionne les victimes comme les poupées qu’il accumule dans le tiroir de son bureau. Topper répartit équitablement son intérêt entre le monstre au sang chaud et les enquêteurs qui le traquent. À deux reprises ceux-ci interpelleront l’assassin sans réunir suffisamment de preuves pour l’inculper. Tout cinéaste de série B soit-il, Topper filme les crimes au cordeau et avec style, toujours du point de vue du tueur. Le caractère sexuel des agressions, éludé dans les rapports de police, ainsi délivré de tout discours psychanalytique redondant, est rendu explicite par l’intermédiaire du fétiche de la poupée et à l’interprétation de Buono, qui figure presque l’orgasme au moment de tuer. Une audace étonnante pour un film de cette époque qui ajoute encore à son intérêt.

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28/07/2012

Juke Box : David Bowie

David Bowie interprète "That's Motivation" dans Absolute Beginners (Julien Temple, 1986)



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27/07/2012

L'heure du bain avec Rod Stewart

L'été est là. Pourquoi ne pas en profiter pour revenir à ce qui fait l'essentiel de la vie ? Il tient ainsi à peu de choses de réussir son bain. Ou le rater. À chaque jour suffisant sa peine, tentons le sans faute grâce aux petits secrets des stars.

rod stewart

Pour Rode Stewart, ce sera : Des cheveux, des rayures et des plantes vertes.

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Mauvaise Graine (The Bad Seed, 1956)

the bad seed,mauvaise graine,melvin leroy,patty mccormack,william hopper,nancy kelly,evelyn varden,henry jones,john lee mahin,maxwell anderson,william march,deborah kerr,wolf rilla,le village des damnésThe Bad Seed (Mauvaise Graine) plonge aux origines du mal. Rhoda (Patty McCormack) est une petite fille trop blonde, aux révérences trop parfaites, aux sourires trop séducteurs… pour être vraiment ce qu’elle semble paraître. Son père, Kenneth Penmark (William Hopper), militaire en détachement à l’autre bout des États-Unis, l’idolâtre, sa mère, Christine (Nancy Kelly), échange volontiers des paniers de câlins contre des corbeilles de baisers, la propriétaire de leur rez-de-chaussée avec jardin, qui loge au-dessus, la plantureuse Mrs Breedlove (Evelyn Varden), aurait souhaité l’avoir pour fille. Tout le monde adule Rhoda… excepté l’homme à tout faire de l’immeuble, Leroy Jessup (Henry Jones), personnage vicieux et mal élevé dont chacun se méfie.

John Lee Mahin appuie son scénario sur une pièce de Maxwell Anderson, elle-même inspirée d’un roman de William March. Cette double filiation cadre la narration dans un relatif huis clos, sans pour autant l’étouffer. Christine, la mère (trop ?) aimante, est aussi celle qui va percer à jour la vraie nature de sa fille, au moment où le garçon qui avait gagné la première place à un concours de l’école est retrouvé mort noyé, la médaille qu’il portait au cou, et que Rhoda convoitait, ayant disparu. La graine du soupçon commence alors à germer dans l’esprit maternel, en même temps que la semence corrompue à laquelle elle a donné le jour révèle sa vraie nature.

the bad seed,mauvaise graine,melvin leroy,patty mccormack,william hopper,nancy kelly,evelyn varden,henry jones,john lee mahin,maxwell anderson,william march,deborah kerr,wolf rilla,le village des damnésL’écheveau se forme en une succession de confrontations (celles entre Rhoda et Leroy, les deux êtres maléfiques, ou entre Horthense Daigle, la mère du petit garçon, et Christine étant les plus captivantes), comme une partie de billard au terme de laquelle ne restera qu’une bille, appelée à être empochée dans l’un des trous de la table. À ce titre, le final, ironiquement spectaculaire, laisse sans voix.

Si le jeu de la mère-courage Nancy Kelly (qui fut une enfant de la balle, commençant sa carrière à l’âge de cinq ans, The Bad Seed fut aussi son dernier film) parfois outrancier (on rêve à ce qu’aurait fait sainte Deborah Kerr de ce rôle en or), la mise en scène du prolifique Melvin Le Roy démontre à nouveau toute l’habileté du cinéaste. Mauvaise Graine aborde, en 1956, un sujet alors peu traité au cinéma, celui de l’enfance criminelle, imposant le personnage, guère fréquent, d’un serial killer en jupon, d’une blondeur platine dont s’inspirera, quatre ans plus tard, Wolf Rilla dans Le Village des damnés.

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26/07/2012

Bande originale : The Rocky Horror Picture Show

RHPS_poster_low.jpgTim Curry - Sweet Transvestite : Music From the Motion Picture The Rocky Horror Picture Show by Jim Sharman (1975)


podcast

Jane Eyre

jane eyre,cary fukunaga,mia wasikowska,michael fassbender,jane campion,robert young,orson welles,franco zeffirelliLes adaptations du beau roman de Charlotte Bronte se suivent… et se ressemblent. Celle signée Cary Fukunaga n’apporte rien de plus que la précédente, que l’on a déjà oubliée (Robert Young, 1997) ni que celle d’avant (Zeffirelli, 1996) ni que celle d’avant, etc.

Il est regrettable de constater qu’après le relativement prometteur Sin Nombre, le réalisateur soit tombé dans le conformisme le plus lénifiant. On le sent parfois loucher vers Jane Campion, mais ce n’est qu’une pâle illusion d'optique. Tout est manqué, aussi bien le romantisme que le potentiel fantastique de l’histoire, parce que résultant d’une absence dramatique de parti pris. L’enfance de Jane est outrageusement bâclée, et Mia Wasikowska n’a guère plus à offrir que sa pâleur diaphane à une partition aussi insipide qui s'étire en longs flashbacks.
Quant à Fassbender, qui aurait certainement eu le potentiel d’un Orson Welles pour élever le rôle, il est constamment empêtré par une mise en scène sans imagination. Ce Jane Eyre est une tisane pour vieilles dames. D’ailleurs, elles étaient fort nombreuses dans la salle, tandis que la canicule régnait en maître au dehors.

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25/07/2012

Laurence Anyways

laurence anyways,xavier dolan,melvil poupaud,suzanne clément,nathalie baye,pedro almodovar,françois ozonXavier Dolan est doué. Jeune et doué. À vingt-trois ans, il peut encore tenir sur cette réputation une poignée d’années. Il y a de l’ardeur dans Laurence Anyways, son troisième opus, même si le film s’étire en longueur (forcément : 2 h 40 et des poussières et beaucoup de ralentis).

Une fois les formes de l’indulgence posées, reste l’insatisfaction de ne pouvoir être plus nettement enthousiaste. Car si le film tient sur la durée, ce n’est pas faute d’erreurs de trajectoires parfois difficilement excusables. Premier défaut majeur : à vouloir trop en mettre, on touche à l’éparpillement et à l’épuisement. Lequel arrive plus vite que l’on n’imagine. La première demi-heure relève du chemin de croix, tant l’hystérie des rapports entre Fred (Suzanne Clément) et Laurence (Melvil Poupaud) sont poussés à leur exaspération. Ces scènes introductives, censées marquer les débuts palpables du basculement qui poussera Laurence à revendiquer pleinement sa féminité, gaspillent l’énergie des protagonistes dans une fièvre hystérique post-pubère, alors que ni Clément ni Poupaud ne sont plus ni très beaux ni très jeunes. Il y a de l’embarras à voir des acteurs d’âge mûr se comporter comme des adolescents lourdement attardés. Surtout, ce n’est jamais drôle.

laurence anyways,xavier dolan,melvil poupaud,suzanne clément,nathalie baye,pedro almodovar,françois ozonPar ailleurs, Dolan commet des fautes de goût cinématographiques (et stylistiques, il faut bien le dire, car là encore le meilleur est parfois l’ennemi du bien) assez impardonnables. Trop de notes, disait l’empereur à Mozart. Trop d’effets, est-on tenté de susurrer au fringant canadien qui, n’étant pas Mozart, exploite les tubes des années quatre-vingt-dix (une époque qu’il n’a pas connue mais dont il porté étrangement la nostalgie) comme on fit jadis des clips d’Alphaville… Là, on touche le plancher.

Surtout, l’effet tue le sujet. Et quel sujet ! Sur une décennie, un homme passe de l’autre bord, celui qu’il n’aurait pas dû quitter si la nature était la vérité. Or il arrive que la nature se trompe. On est prêt à suivre le cinéaste sur ce fil tendu, par cette porte étroite qui touche aux confins même de l’identité. Mais peut-être le passage est-il trop difficile à négocier, le sujet trop immense ? De fait, au moment de franchir le cap, véritablement, de l’indifférence vers la différence, vlan, Dolan assène un effet audio ou vidéo qui neutralise la portée de ce qu’il a pourtant cherché à mettre en place.

laurence anyways,xavier dolan,melvil poupaud,suzanne clément,nathalie baye,pedro almodovar,françois ozonAinsi lorsque Laurence arrive habillé en femme à son premier cours. Lui/elle, tétanisé, est incapable d’exprimer un son. Les élèves, interloqués, lui répondent par un identique mutisme. Au bout de quelques interminables secondes, une étudiante lève la main, et désamorce une première fois la situation en interrogeant l’enseignant(e) sur une question de cours. C’est limite, trop beau pour être vrai, mais pourquoi pas. Le pari semble gagné. A cette victoire, semble devoir succéder de nouveau le silence auquel, miraculeusement, Melvil Poupaud, à la fois terrifié et émerveillé, semble donner une voix. On se dit : quelque chose d’inexpliqué est en train de se passer… Et vlan, paf, musique. L’effet bling-bling qui dégoupille la charge. « Quand il y a de la gêne, il n’y a pas de plaisir… » Un dicton facile que le réalisateur semble s’être approprié. Du plaisir, Laurence Anyways en regorge. Mais c’est précisément la gêne qui fait défaut, cette gêne que doit ressentir à tout instant son protagoniste, cette gêne qui est systématiquement mise à distance par le jeune et doué cinéaste, cette gêne à partir de quoi cette histoire singulière aurait pu devenir universelle.

laurence anyways,xavier dolan,melvil poupaud,suzanne clément,nathalie baye,pedro almodovar,françois ozonEt ce d’autant que Melvil Poupaud livre tout. Son interprétation est une révélation. Loin, bien loin des performances cabotines de l’Actors studio, il s’installe dans ce rôle de transition sans force, avec même une retenue périlleuse, qui frise, se demande-t-on au début, l’erreur de casting. Et pourtant il s’impose, magnifiquement même, jusqu’à devenir évident en femme, assumant pleinement le processus qui mène du ridicule à l’épanouissement. Poupaud, dont les scènes avec Nathalie Baye, sa mère, elle-même magnifique dans un rôle à contre-emploi, semble tenir sa partition de son personnage même, et non de son metteur en scène.

En évitant d’affronter son protagoniste principal et donc son sujet même, en abusant des artifices, Xavier Dolan produit l’inverse de ses intentions. Il livre une œuvre affectée, finalement assez conformiste, loin des manifestes initiaux et truculents d’Almodovar ou de François Ozon, dont on le sent parfois assez proche.

Lisons un peu avec Elizabeth Taylor (2)

Elizabeth Taylor reads Variety.jpg

En blonde aussi on peut !

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24/07/2012

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23/07/2012

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22/07/2012

Effraction

effraction,joel schumacher,nicole kidman,nicolas cage,michael cimino,michael haneke,david fincherJoel Schumacher est capable du pire, mais pas du meilleur. Même dans ses films les plus formellement acceptables, tel 8 mm, voire Veronica Guerin, il y a quelque chose de rance qui traîne dans les encoignures. Telle est sa marque de fabrique. Non seulement Effraction ne déroge pas à la règle mais il laisse la détestable impression d’avoir été complice d’une beuverie qui aurait mal tourné et que l’on préfèrerait oublier pour avoir tenu le mauvais rôle. En l’occurrence, celui du voyeur.

Sur le schéma passablement éprouvé de la bonne famille bourgeoise prise en otage par des crapules, on a vu mieux, comme La Maison des Otages de Cimino ou Funny Games de Hanecke. Dans le registre du huis clos paranoïaque, même Fincher s’en tirait avec les honneurs dans le pourtant faible Panic Room. Pour ne pas parler du cinéma mainstream qui raffole de ce type de canevas. Bref, Effraction arrive bien après la tempête. On objectera que « rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme ». Précisément, Schumacher ne transforme rien, il se borne à dupliquer, en pire, ce qu’il y a déjà eu de pire. Le scénario et les dialogues sont abjects, les acteurs touchent le fond du cabotinage éhonté (Kidman a de nouvelles lèvres et Cage des implants flambant neuf : beau couple de freaks). En réalité, c’est le spectateur qui est pris en otage durant 1 h 30. Berk.

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