04/10/2010

Les Amours imaginaires

AI1.jpgOù l’on retrouve « Bang Bang », la chanson créée par Sonny and Cher en 1966, entendue et vue récemment dans un court métrage de jeunesse de François Ozon, cette fois-ci en version italienne… Xavier Dolan, proclamé jeune prodige du cinéma québecois, ne manque pas de références, ni en matière de variétés ni de culture homosexuelle. Doté d’une curiosité toujours en éveil, il parvient à insuffler à son second film une légèreté distrayante qui en gomme les tâtonnements.

En premier lieu, il déjoue les pièges du narcissisme à l’œuvre, car, sous couvert de peindre la relation ambiguë d’un amour à trois non partagé (une fille, deux garçons), Dolan se met avant tout en scène en tant que son propre créateur. Il ne se contente pas de réaliser ni d’interpréter l’un des rôles principaux, il écrit aussi le scénario, coproduit le film, conçoit les costumes et doit également mettre la main à la pâte du montage. On ne s’étonnera donc pas que le regard porté sur le pâle éphèbe blond dont son personnage et celui de sa meilleure amie tombent amoureux soit avant tout homosexuel. Marie, entre Audrey Hepburn et Rebecca Pidgeon, est une créature (joliment interprétée par Monia Chokri) spectatrice de l’attirance pour un semblable dissemblable. Dolan s'est d'ailleurs choisi une coiffure inspirée de celle de Morrissey époque The Smiths, déjà sous influence Cocteau/Marais, comme le confirme l’une des affiches du film. Miroir, mon beau miroir… Heureusement, s’il ne sait résister aux ralentis chics empruntés à In the mood for love, pas plus qu’aux plans maniérés ou à des procédés scénaristiques (de fausses confessions anonymes sur le désir et ses petites contrariétés), Xavier Dolan semble doté d'une belle ardeur et d’assez d’habileté pour compenser ces défauts de jeunesse par une rafraîchissante dose d’humour.