13/11/2010
Fair Game
Pas un instant Doug Liman ne s’écarte de son sujet, complexe, qui s’inspire de faits réels, de premier abord mineurs au regard du contexte dans lequel ils interviennent, mais infiniment révélateurs du cynisme omnipotent au nom duquel furent engagées les hostilités contre l’Irak en 2003 et qui inspira l’administration Bush.
Dans le but d’atteindre l’ex-ambassadeur Joseph Wilson (Sean Penn), l’identité de son épouse Valerie Plame (Naomi Watts), agent secret de la CIA spécialisée dans la contre-prolifération des armes de destruction massive, fut rendue publique, mettant un terme à sa carrière et fragilisant son réseau de contacts à travers le monde. Wilson était l’auteur d’un rapport sur un éventuel trafic de matériau nucléaire entre le Niger et l’Irak, dont le gouvernement escamota les conclusions afin de justifier la guerre contre Saddam Hussein. C’est au moment où le diplomate chercha à rétablir la vérité que le cabinet du vice-président Dick Cheney, décida de « lâcher les chiens », en l’occurrence les journalistes, contre le couple. S’en suivit une « guerre de diversion » intérieure, dans laquelle les médias, consciemment ou non, se firent manipulés, permettant à l’administration d’éviter les questions sur les raisons fondamentales de l’engagement des États-Unis dans cette croisade, mais aussi sur le faux rapport britannique sur lequel se basa son argumentation.
La combativité dont fit preuve Joseph Wilson permit à l’affaire de ne pas être étouffée et de révéler au grand jour les mécanismes d’instrumentalisation de l’opinion publique. Doug Liman, réalisateur honnête de La Mémoire dans la peau et de Mr and Mrs Smith, livre ici un thriller ferré de près en caméra subjective, dans la plus pure tradition du cinéma politique américain.
08:49 Publié dans Films bien vus, Sorties 2010 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
| Tags : fair game, doug liman, naomi watts, sean penn, sam sheppard |
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